" Ici c'est ROUEN ! "
Titres de Champions de France U15: 1999, 2000, 2001, 2005, 2006, 2007, 2008, 2013 // U18: 2000, 2002, 2005, 2010, 2011, 2014, 2017 // U22: 2004, 2006, 2009, 2011, 2013, 2015, 2017

CHAR Changement de présidence...

 

Philippe Maggi après 6 ans passés au poste de Président du Club de Hockey Amateur de Rouen aura choisi de tirer sa révérence à l'issue du dernier conseil d'administration du club. Une transition en douceur, son vice-président Christian Caillot, lui succédant sur vote du conseil d'administration. La fin d'un bail pour cet économiste du bâtiment dans la « vraie vie », qui aura marqué l'histoire du Club de Hockey Amateur de Rouen par son amour pour le Dragon, ses valeurs, et une vision humaine de la formation à Rouen. L'occasion avec ces quelques lignes de donner la parole et de la lumière à cet homme discret mais investi à 200% pour le club pendant des années.

 

Quelles ont été vos motivations pour passer la main ?

Un peu d'usure. Gérer un club de hockey sur glace est tout sauf une sinécure, il faut y passer énormément de temps pendant la saison et même durant l'été. Un investissement total est nécessaire et à la longue, l'usure se fait sentir c'est à ce moment là qu'il faut savoir passer la main. Avec le départ de Peter Almasy, une nouvelle équipe sportive a été mise en place, je me suis dit qu'il était sans doute temps également de renouveler le Président. Je reste administrateur du club. Depuis huit mois nous travaillons en binôme avec Christian Caillot pour préparer cette succession.

 

C'est quoi « Etre Président » du CHAR ?

C'est le téléphone qui sonne toutes les cinq minutes parce qu'un minibus est tombé en panne, parce qu'un de nos licenciés s'est fait volé ses patins ou parce qu'une des collectivités locales a besoin d'un bilan financier ou toute autre question dans ce registre. Il faut savoir être polyvalent et éclectique dans la gestion des dossiers au quotidien. Sans oublier bien sur les sacro-saintes paperasseries avec d'innombrables dossiers lourds à remplir.

 

Quel bilan tirez-vous de ce double triennat ?

Nous avons beaucoup travaillé pour assurer l'équilibre financier du Club et essayer de développer au maximum le club et la formation à Rouen. En cela, j'ai quelques motifs de satisfactions notamment en réussissant à faire venir Peter Almasy comme directeur sportif pendant plusieurs années pour remettre le club sur de bons rails après une période de flottement, avoir su faire confiance avec réussite à des jeunes entraîneurs comme Nordine Mahdidi, longtemps décrié par certains parents ou encore réussir à pérenniser nos emplois aidés. Bien entendu, franchir la barrière des 500 licenciés reste pour moi une fierté et une récompense du travail accompli par Peter Almasy.

 

Des regrets ?

Oui bien entendu. Comme tout projet tout n'aura pas été une réussite. Je citerais par exemple la collaboration avec le Rouen Hockey Elite 76 qui n'est pas toujours ce qu'elle devrait être. J'aurais bien voulu réussir à les convaincre que pour que cela fonctionne chez eux, il était indispensable que cela fonctionne également chez nous et qu'en nous tendant la main plus souvent, la collaboration aurait pu être plus efficace et dynamique.

 

Des souvenirs ?

Ils sont nombreux. Je citerais en premier lieu la finale du PeeWee jouée à Quebec avec la génération 92 – 93, j'imagine qu'en évoquant également le salon VIP à Kadan en République Tchèque, cela rappellera quelques souvenirs à certains, le titre U18 également remporté par l'équipe de Nordine Mahdidi en 2011 à Amiens alors que nous étions loin d'être favoris.

 

Un mot sur votre successeur, Christian Caillot ?

Il est encore plus ancien que moi, cela fait 21 ans qu'il est au Club. Je ne me fais aucun souci pour ma succession. Il a la tête sur les épaules et la même vision des choses que moi à savoir que même si le Club de Hockey Amateur de Rouen est une association, il n'en demeure pas moins qu'avec un budget de 400 000 euros, il faut gérer le club comme une PME.

 

Quel regard portez vous sur le CHAR actuellement et la formation à Rouen ?

A l'étage du CHAR, un travail important a été effectué pour le développement de nos jeunes aussi bien sportivement que scolairement. Tout est mis en place par nos entraîneurs pour permettre à nos jeunes de progresser sur la glace. Et en ce qui concernant le centre de performance, l'effort notamment à mis sur le suivi et l'aide scolaire avec le travail effectué par notre « rebelle » Sébastien Jean. Maintenant je reste inquiet sur le plan financier. Même si la trésorerie est saine et que le club jouit d'une petite réserve, il n'en reste pas moins que les difficultés à venir sont importantes notamment avec la baisse constante des subventions des Collectivités locales qui a terme deviendra très problématique pour le fonctionnement du club. A nous de travailler pour trouver des solutions pour compenser ces pertes, pour augmenter nos effectifs sur l'école de hockey etc. Enfin, à l'étage du dessus au RHE 76, je trouve regrettable que nous n'ayons pas la même vision de la formation. J'ai désormais le sentiment que nous formons pour que les autres clubs en profitent. Il y a quelques années, nous avions 4 – 5 ans d'avance sur les autres clubs en matière de formation, ce n'est désormais plus le cas. Les autres clubs se sont structurés et Rouen a vu sa progression ralentie. Peut-être est-ce un problème de riche finalement, considère-t-on peut-être que nous n'avons pas besoin d'avoir de nos jeunes à Rouen ? Il est dommage d'investir autant de temps et d'argent pour les voir partir très tôt au final. Lorsque l'on voit que nos jeunes font les beaux jours des autres clubs et intègrent les effectifs des autres clubs de Ligue Magnus, alors que chez nous, ils n'ont pas leur place à priori, tout ceci me laisse perplexe.

 

Quelle perspectives pour le club ? A quoi peut-on aspirer pour le CHAR ?

Indéniablement, continuer le travail effectué jusqu'alors et l'intensifier pour continuer à se situer le plus haut possible dans la hiérarchie des clubs formateurs.

 

Un dernier mot ?

Oui bien sur, il y a beaucoup de gens à remercier parmi lesquels Luc Tardif, le Président de la Fédération Française de Hockey sur Glace et ses collaborateurs qui nous ont toujours soutenus, les institutions, les bénévoles, les licenciés qui constituent le cœur même de l'association et bien entendu les salariés pour le travail effectué durant mes deux mandats.



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